En 1989, le Venezuela, république démocratique pétrolière d'environ 19 millions d'habitants, entre dans le second mandat de Carlos Andrés Pérez (Acción Democrática), marqué par un virage néolibéral et une violente explosion sociale, le Caracazo. L'année voit aussi les premières élections directes de gouverneurs et de maires, en décembre.
🏛️ Politique
Carlos Andrés Pérez est investi président le 2 février et lance un programme d'ajustement structurel négocié avec le FMI, surnommé « el Gran Viraje ». La répression du Caracazo par l'armée et la police fait plusieurs centaines de morts selon les estimations (bilan officiel d'environ 276), discréditant durablement le système bipartite du pacte de Punto Fijo. Les élections régionales et municipales du 3 décembre, issues de la décentralisation, voient l'AD l'emporter dans la majorité des États, tandis que d'autres forces comme le COPEI et la Causa R obtiennent des postes.
⚖️ Économie et société
Le pays, dépendant des exportations pétrolières, subit une forte dette extérieure ; les mesures de 1989 (hausse des prix de l'essence et des transports, libéralisation des prix et du change) provoquent une inflation proche de 80 % et une contraction du PIB d'environ 8 %. La pauvreté urbaine, notamment dans les barrios de Caracas, s'aggrave, alimentant le mécontentement populaire.
🔬 Sciences
Les institutions scientifiques comme l'IVIC et les universités publiques poursuivent leurs activités, mais sont touchées par les restrictions budgétaires ; aucune avancée majeure spécifique à 1989 n'est clairement documentée.
🎭 Culture
Le système national d'orchestres de jeunes (El Sistema) fondé par José Antonio Abreu poursuit son développement, et les telenovelas vénézuéliennes restent largement exportées.
Événements marquants
- 2 février : investiture de Carlos Andrés Pérez pour un second mandat présidentiel.
- 27 février–début mars : le Caracazo, émeutes et pillages à Caracas et dans d'autres villes après la hausse des prix des transports, suivis d'une répression sanglante et de la suspension des garanties constitutionnelles.
- 3 décembre : premières élections directes des gouverneurs et maires.
Contexte de l'époque
- 1958–1998
Période du pacte de Punto Fijo, alternance entre AD et COPEI dans une démocratie financée par la rente pétrolière.
- 1983–1989
Le « Viernes Negro » de février 1983 (dévaluation du bolívar) ouvre une décennie de crise économique liée à la chute des prix du pétrole et à la dette.
- 1989–1993
Second mandat de Pérez, marqué par les réformes néolibérales, deux tentatives de coup d'État en 1992 et sa destitution en 1993.