En 1991, le Venezuela, république fédérale d'environ 20 millions d'habitants, est gouverné par Carlos Andrés Pérez (Acción Democrática), qui mène un programme d'ajustement libéral, le « Gran Viraje ». L'économie connaît une forte croissance, portée par les revenus pétroliers accrus lors de la guerre du Golfe, mais l'inflation et le mécontentement social restent élevés.
🏛️ Politique
Le système bipartite issu du pacte de Punto Fijo (AD et COPEI) est contesté ; au sein de l'armée, le mouvement clandestin MBR-200, animé notamment par Hugo Chávez, prépare dans l'ombre une action contre le gouvernement. Le gouvernement poursuit les privatisations, dont celle de la compagnie téléphonique CANTV, et l'ouverture commerciale dans le cadre des accords avec le FMI.
⚖️ Économie et société
Le PIB progresse d'environ 9 à 10 %, l'une des plus fortes croissances d'Amérique latine cette année-là, grâce au pétrole et à la reprise de l'investissement. L'inflation, autour de 30 %, la pauvreté et la dégradation des services publics alimentent grèves et manifestations étudiantes. PDVSA augmente sa production pour compenser la baisse de l'offre irakienne et koweïtienne.
🔬 Sciences
La recherche scientifique s'appuie sur des institutions comme l'IVIC et l'Intevep (centre de recherche de PDVSA) ; les informations précises sur des avancées propres à cette année sont limitées.
🎭 Culture
Le pays poursuit le développement du réseau d'orchestres de jeunes « El Sistema » fondé par José Antonio Abreu, tandis que les telenovelas vénézuéliennes s'exportent largement.
Événements marquants
- En novembre, la vente de 40 % de CANTV à un consortium mené par GTE est conclue dans le cadre des privatisations.
Contexte de l'époque
- 1958–1998
Période du « Punto Fijo », démocratie représentative dominée par l'alternance AD–COPEI, financée par la rente pétrolière.
- 1989
Le « Caracazo », émeutes contre les mesures d'austérité de Pérez, réprimées dans le sang, marque une rupture profonde de légitimité.
- 1989–1993
Second mandat de Carlos Andrés Pérez, marqué par les réformes néolibérales, deux tentatives de coup d'État en 1992 et sa destitution en 1993.