En 1989, le Liban est en proie à la guerre civile depuis 1975 et divisé entre deux gouvernements rivaux : celui du général Michel Aoun à Baabda (Beyrouth-Est, secteur chrétien) et celui de Selim Hoss (Beyrouth-Ouest), soutenu par la Syrie, dont les troupes occupent une grande partie du pays. L'année s'achève avec l'accord de Taëf (octobre) et l'assassinat du président élu René Moawad (22 novembre) ; l'accord pose les bases de la fin du conflit.
🏛️ Politique
Depuis septembre 1988, faute d'élection présidentielle, le président sortant Amine Gemayel a nommé Michel Aoun, commandant de l'armée, chef d'un gouvernement militaire transitoire ; le Premier ministre sunnite Selim Hoss le conteste et dirige un cabinet rival. Le pays est de fait morcelé entre zones syrienne, milices et zone d'Israël au sud. Aoun proclame en mars une « guerre de libération » contre la présence syrienne, ce qui provoque de lourds bombardements de Beyrouth. La Ligue arabe crée un comité tripartite (Arabie saoudite, Maroc, Algérie) qui aboutit à l'accord de Taëf, rejeté par Aoun. René Moawad est élu président en novembre puis assassiné, et Elias Hraoui lui succède.
⚖️ Économie et société
Les combats de 1989 font des centaines de morts parmi les civils et provoquent un exode massif hors de Beyrouth. L'économie est dévastée, la livre libanaise s'effondre et les infrastructures sont gravement touchées ; les milices contrôlent les ports et les taxes.
🔬 Sciences
Aucune avancée scientifique notable propre au Liban n'est bien documentée pour cette année, l'activité universitaire et de recherche étant fortement perturbée par la guerre.
🎭 Culture
La vie culturelle est affaiblie et en partie exilée à cause du conflit, mais la presse, les théâtres et la musique libanais subsistent, notamment dans la diaspora et dans les secteurs moins exposés.
Événements marquants
- 14 mars : le général Michel Aoun déclare la « guerre de libération » contre les forces syriennes, entraînant des bombardements intenses sur Beyrouth.
- 22 octobre : signature de l'accord de Taëf par les députés libanais en Arabie saoudite, prévoyant un rééquilibrage des pouvoirs entre confessions et un retrait syrien progressif.
- 5 novembre : élection de René Moawad à la présidence de la République, sur la base de l'accord de Taëf.
- 22 novembre : René Moawad est tué dans un attentat à la bombe à Beyrouth, au retour des célébrations de l'indépendance ; Elias Hraoui est élu le 24 novembre.
Contexte de l'époque
- 1975–1990
Guerre civile libanaise opposant des milices confessionnelles et des acteurs régionaux (Syrie, Israël, OLP), avec de multiples phases d'intervention étrangère.
- 1976–2005
Présence militaire syrienne au Liban, qui exerce une forte tutelle politique sur le pays.
- 1988–1990
Dualité de pouvoir entre le gouvernement militaire d'Aoun et celui de Hoss, qui se termine par l'offensive syrienne contre Aoun en octobre 1990.