En 1918, la Colombie est une république unitaire d'environ 5,5 à 6 millions d'habitants, neutre pendant la Première Guerre mondiale, dirigée par le conservateur Marco Fidel Suárez, sous l'hégémonie conservatrice. Le pays subit à l'automne la pandémie de grippe dite espagnole, qui touche surtout les régions côtières et les centres urbains.
🏛️ Politique
Marco Fidel Suárez, président depuis août 1918, gouverne une république centralisée où le Parti conservateur domine depuis 1886 ; le Parti libéral est dans l'opposition. La politique étrangère suit la doctrine dite « Respice polum », tournée vers les États-Unis, avec la question du traité sur Panama encore en suspens.
⚖️ Économie et société
L'économie est agricole et repose largement sur l'exportation du café, en plein essor dans les départements d'Antioquia, Caldas et Cundinamarca, tandis que le transport reste difficile (fleuve Magdalena, chemins de fer limités). La société est très rurale, inégalitaire, marquée par l'influence de l'Église catholique ; les premières organisations ouvrières apparaissent dans les ports et les villes.
🔬 Sciences
La vie scientifique reste modeste, centrée sur l'Université nationale à Bogotá, la médecine et l'hygiène publique, confrontées à la grippe de 1918.
🎭 Culture
La vie culturelle est dominée par une élite lettrée de Bogotá, surnommée l'« Athènes sud-américaine », avec une tradition littéraire et grammaticale conservatrice ; le modernisme poétique reste influent.
Événements marquants
- Le 7 août, Marco Fidel Suárez prend ses fonctions de président de la République.
Contexte de l'époque
- 1886–1930
Période de l'hégémonie conservatrice, après la Constitution de 1886 qui instaure un État centralisé.
- 1914–1918
La Colombie reste neutre pendant la Première Guerre mondiale, tout en subissant les perturbations du commerce extérieur.
- 1903–1921
Les relations avec les États-Unis sont marquées par la sécession de Panama en 1903 et le traité Thomson-Urrutia, ratifié en 1921.