En 2020, la République islamique d'Iran, pays d'environ 84 millions d'habitants, traverse une année de crises : escalade militaire avec les États-Unis après l'assassinat du général Qassem Soleimani, destruction par erreur d'un avion de ligne ukrainien et frappe sévère de la pandémie de Covid-19. L'économie, étranglée par les sanctions américaines de « pression maximale », subit une forte dépréciation du rial et une inflation élevée.
🏛️ Politique
Le pays est dirigé par le Guide suprême Ali Khamenei et le président Hassan Rohani. Les élections législatives de février, marquées par la disqualification massive de candidats réformateurs et une participation historiquement basse (environ 42 %), donnent la majorité aux conservateurs ; Mohammad Bagher Ghalibaf devient président du Majlis. En novembre, le physicien nucléaire Mohsen Fakhrizadeh est assassiné près de Téhéran, attentat attribué par Téhéran à Israël ; le Parlement vote ensuite une loi imposant d'accélérer l'enrichissement d'uranium.
⚖️ Économie et société
Les exportations de pétrole s'effondrent sous l'effet des sanctions, le rial atteint des plus bas records face au dollar et l'inflation dépasse 30 %. L'Iran est l'un des premiers foyers de Covid-19 hors de Chine, avec des dizaines de milliers de morts officiellement recensés dans l'année, chiffres probablement sous-estimés.
🔬 Sciences
En avril, les Gardiens de la révolution annoncent la mise en orbite de Nour-1, leur premier satellite militaire. Le programme nucléaire se poursuit au-delà des limites de l'accord de 2015 ; un incendie, présenté comme un sabotage, endommage en juillet un atelier de centrifugeuses à Natanz.
🎭 Culture
La pandémie entraîne la fermeture de lieux de pèlerinage comme Qom et Mashhad, l'annulation de rassemblements religieux et culturels et le passage à l'enseignement à distance. Le chanteur de musique traditionnelle Mohammad-Reza Shajarian, figure majeure de la culture persane, meurt en octobre à Téhéran.
Événements marquants
- 3 janvier : le général Qassem Soleimani, chef de la Force Al-Qods, est tué par une frappe de drone américaine à Bagdad ; l'Iran riposte le 8 janvier par des tirs de missiles sur des bases américaines en Irak.
- 8 janvier : la défense antiaérienne iranienne abat par erreur le vol PS752 d'Ukraine International Airlines près de Téhéran, tuant ses 176 occupants ; l'aveu tardif provoque des manifestations.
- 21 février : élections législatives remportées par les conservateurs avec une participation d'environ 42 %.
- 27 novembre : assassinat du scientifique nucléaire Mohsen Fakhrizadeh à Absard, près de Téhéran.
- 12 décembre : exécution du journaliste opposant Rouhollah Zam, condamné à mort pour son rôle dans les manifestations de 2017-2018.
Contexte de l'époque
- 2018–2021
Après le retrait américain de l'accord sur le nucléaire (JCPOA) en mai 2018, Washington applique une politique de « pression maximale » ; l'Iran s'affranchit progressivement de ses engagements à partir de 2019.
- 2013–2021
Présidence du modéré Hassan Rohani, dont la politique d'ouverture est fragilisée par l'échec de l'accord nucléaire et la crise économique.
- novembre 2019
Des manifestations contre la hausse du prix de l'essence sont violemment réprimées, faisant plusieurs centaines de morts selon les ONG, ce qui accentue la défiance envers le régime.