En 2001, l'Argentine, république fédérale d'environ 37 millions d'habitants, traverse la phase finale d'une longue récession et d'une grave crise de la dette, qui débouche en décembre sur une crise politique, sociale et financière majeure.
🏛️ Politique
Le président Fernando de la Rúa (Alliance UCR-Frepaso) gouverne dans un climat de défiance ; le ministre de l'Économie change à plusieurs reprises (Machinea, López Murphy, puis Domingo Cavallo en mars). Les élections législatives d'octobre sont marquées par une forte abstention et un record de votes blancs ou nuls (« voto bronca »). Fin décembre, les troubles sociaux, l'état de siège et la répression conduisent à la démission du président de la Rúa, suivie d'une succession rapide de présidents intérimaires.
⚖️ Économie et société
L'économie est en récession depuis 1998, le chômage dépasse 18 % et la pauvreté augmente fortement. Le peso est arrimé au dollar par la convertibilité (1 pour 1) ; la dette publique devient insoutenable et les taux d'emprunt explosent. Face à la fuite des capitaux, le gouvernement impose début décembre le « corralito », qui limite les retraits bancaires. Les mouvements de piqueteros (chômeurs bloquant les routes), les grèves générales et les pillages de supermarchés se multiplient.
🔬 Sciences
Les budgets de la recherche publique (CONICET, universités) subissent des coupes liées à l'austérité, mais je n'ai pas d'information précise sur des découvertes majeures propres à cette année.
🎭 Culture
La crise nourrit une vive production culturelle engagée : théâtre, rock national et cinéma documentaire ; le « nouveau cinéma argentin » est alors reconnu à l'international (par exemple La ciénaga de Lucrecia Martel, 2001).
Événements marquants
- Le 14 octobre, élections législatives marquées par une abstention et des votes blancs ou nuls records.
- Début décembre (vers le 1er), le gouvernement instaure le « corralito », limitant les retraits d'espèces bancaires.
- Les 19 et 20 décembre, de violentes émeutes et manifestations (une trentaine de morts) ; l'état de siège est décrété le 19 et de la Rúa démissionne le 20.
- Le 23 décembre, le président intérimaire Adolfo Rodríguez Saá annonce la suspension du paiement de la dette extérieure ; il démissionne le 30 décembre.
Contexte de l'époque
- 1991–2001
Régime de convertibilité du peso au dollar, instauré sous Menem, qui stabilise d'abord les prix mais fragilise la compétitivité.
- 1998–2002
Récession prolongée, hausse du chômage et de la dette extérieure, aboutissant à la crise de 2001-2002.
- 1999–2001
Présidence de Fernando de la Rúa, qui s'achève prématurément avec sa démission en décembre 2001.