En 1929, l'Algérie est une colonie française organisée en départements (Alger, Oran, Constantine) avec des territoires du Sud sous administration militaire. Environ 6 à 6,5 millions d'habitants, dont une très large majorité de musulmans arabophones et berbérophones et un peu plus de 800 000 Européens. L'année précède les célébrations du centenaire de la conquête (1930), qui se préparent.
🏛️ Politique
Le territoire est dirigé par un gouverneur général (Pierre Bordes, en poste depuis 1927), représentant de Paris. Les musulmans sont des sujets français soumis au code de l'indigénat, avec une représentation limitée dans les assemblées (Délégations financières, conseils généraux). Le mouvement nationaliste est naissant : l'Étoile nord-africaine, fondée à Paris en 1926 et animée par Messali Hadj, est active parmi les émigrés, tandis que les élus musulmans réclament surtout des réformes.
⚖️ Économie et société
L'économie coloniale repose sur l'agriculture : vignoble (vin exporté vers la métropole), céréales, agrumes, sur des terres largement détenues par les colons, ainsi que sur les mines de phosphates et de fer. La majorité de la population rurale musulmane vit dans la pauvreté. La scolarisation des enfants musulmans reste très faible (environ une minorité d'entre eux) et l'émigration vers la France se développe.
🔬 Sciences
Université d'Alger (créée en 1909) et Institut Pasteur d'Algérie sont les principaux centres scientifiques, orientés vers la médecine, l'agronomie et l'étude du territoire.
🎭 Culture
Vie culturelle partagée : l'Association des oulémas musulmans algériens n'est fondée qu'en 1931, mais le réformisme religieux de Abdelhamid Ben Badis se diffuse déjà par la presse et l'enseignement. La littérature « algérianiste » des Européens se développe.
Événements marquants
Aucun événement précisément daté connu pour cette année.
Contexte de l'époque
- 1830–1962
Conquête puis colonisation française de l'Algérie, rattachée administrativement à la France pour ses départements du Nord.
- 1919–1939
Entre-deux-guerres : timides réformes (loi de 1919) et émergence progressive des courants nationalistes, réformistes et assimilationnistes.
- 1930
Célébrations du centenaire de la conquête, qui nourrissent le ressentiment nationaliste.