En 1914, le Royaume de Grèce, dirigé par le roi Constantin Ier et le Premier ministre Eleftherios Venizélos, vient d'agrandir son territoire par les guerres balkaniques (Crète, Macédoine, Épire du Sud, Thessalonique, plusieurs îles). Il reste neutre au déclenchement de la Première Guerre mondiale.
🏛️ Politique
Le royaume est une monarchie constitutionnelle ; Constantin Ier, au pouvoir depuis 1913, est de sensibilité plutôt germanophile, tandis que Venizélos, libéral, est favorable à l'Entente. Le gouvernement proclame la neutralité en août. La question de l'Épire du Nord et des îles de la mer Égée, disputées avec l'Albanie et l'Empire ottoman, reste source de tensions diplomatiques et militaires.
⚖️ Économie et société
La population, d'environ 4,8 millions d'habitants après les annexions, est majoritairement rurale et vit d'agriculture (raisins de Corinthe, tabac, olives) ; la marine marchande est déjà un secteur important. L'intégration des nouvelles provinces et l'arrivée de réfugiés posent des défis administratifs.
🔬 Sciences
L'Université d'Athènes, fondée en 1837, reste le principal centre scientifique ; l'archéologie, portée par des écoles étrangères et la Société archéologique, y est très active.
🎭 Culture
La vie culturelle est marquée par le débat sur la langue entre katharévousa et démotique, et par la « Grande Idée » nationaliste, qui inspire la littérature et l'enseignement. Le poète Kostís Palamás est une figure majeure.
Événements marquants
- Début août, après le déclenchement de la guerre en Europe, la Grèce déclare sa neutralité.
Contexte de l'époque
- 1912–1913
Les guerres balkaniques ont presque doublé le territoire grec, avec l'annexion de Thessalonique, de la Macédoine méridionale, de l'Épire du Sud et de la Crète.
- 1913–1917
Règne de Constantin Ier, dont le désaccord avec Venizélos sur l'entrée en guerre mène au « Schisme national » à partir de 1915.
- 1910–1915
Eleftherios Venizélos domine la politique grecque et mène des réformes administratives, militaires et constitutionnelles.