En 1715, le Monténégro désigne la prince-évêché (vladikat) de Cetinje et les tribus des Montagnes Noires, population slave orthodoxe de pasteurs et de guerriers vivant dans les hautes terres, sous suzeraineté ottomane nominale mais très autonome. Il n'y a pas d'État centralisé au sens moderne.
🏛️ Politique
Le pouvoir est exercé par le prince-évêque (vladika) Danilo Ier Petrović-Njegoš, chef spirituel et temporel, qui s'appuie sur les chefs de clans et les assemblées tribales. La région relève nominalement du sanjak ottoman de Shkodër, mais les tribus refusent largement l'autorité turque et les impôts. Les Monténégrins entretiennent des liens avec Venise, voisine sur la côte des Bouches de Kotor, et cherchent la protection de la Russie. Le Monténégro n'a pas de structure étatique centralisée à cette date.
⚖️ Économie et société
L'économie repose sur l'élevage de moutons et de chèvres, une agriculture pauvre en vallées karstiques et le pillage de frontière. La société est organisée en tribus (plemena) et fratries, avec une forte tradition guerrière et des vendettas.
🔬 Sciences
Pas de vie scientifique institutionnelle : le savoir se transmet oralement et par le clergé du monastère de Cetinje, où l'écriture reste limitée à quelques livres liturgiques.
🎭 Culture
La culture est orthodoxe et orale, nourrie de la poésie épique chantée accompagnée de la gusle, qui célèbre la bataille de Kosovo et la résistance aux Ottomans. Le monastère de Cetinje est le centre religieux.
Événements marquants
Aucun événement précisément daté connu pour cette année.
Contexte de l'époque
- 1697–1735
Règne du vladika Danilo Ier, fondateur de la dynastie des Petrović-Njegoš, qui rend la fonction héréditaire d'oncle à neveu et rapproche le pays de la Russie de Pierre le Grand.
- 1714–1718
Guerre ottomano-vénitienne puis austro-ottomane, qui mobilise les régions voisines des Balkans occidentaux et touche la périphérie monténégrine.
- 1711–1712
Pierre le Grand appelle les chrétiens des Balkans à se soulever lors de la campagne russo-ottomane du Prut. Les Monténégrins y répondent, ce qui entraîne des représailles ottomanes dans les années suivantes.